La diversité ne fait pas partie intégrante du régime fédéral des États-Unis

Les noms des participants, de gauche à droite: (dans le sens des aiguilles d'une montre)
John Kincaid, Joseph Marbach, John McCartney, G. Alan Tarr, David Woglom, David Wilkins, Sara Walters, Earl Baker (à l'avant-plan)
Un groupe composé en majorité de chercheurs américains a récemment conclu que le fédéralisme américain ne se prête pas aux formes de diversité que l'on associe généralement à la plupart des fédérations multiculturelles, multinationales et plurinationales.
Cette conclusion a été tirée par les 14 participants à une récente table ronde du Dialogue mondial tenue au Collège Lafayette, à Easton, en Pennsylvanie. Les débats s'articulait autour du thème de l'unité et de la diversité au sein des pays fédéraux.
Les participants ont convenu que les États-Unis constituent un pays extraordinairement diversifié, mais que cette diversité est difficile à intégrer dans le fédéralisme américain parce que celui-ci est fondé sur des concepts liés aux droits individuels.
Ils ont également affirmé que le pays n'est pas expressément organisé de façon à concilier des diversités ayant des assises territoriales qui se fondent sur la nationalité, la race, la langue, la religion, etc.
Les Afro-américains et les Autochtones représentent deux importantes exceptions.
Les participants ont en outre souligné qu'aux États-Unis, seuls les peuples autochtones peuvent revendiquer des droits sur leurs terres ancestrales.
Les contrées autochtones sont donc territorialement distinctes, bien que les tribus ne soient pas considérées comme un ordre de gouvernement au sein de la fédération.
Pour certains, l'esclavage qui a sévit dans le sud des États-Unis aurait engendré cette nation « fédérale » composée de deux groupes – les États du Nord et les États du Sud, chacun vivant dans sa communauté propre. On nomme souvent cette forme de coexistence dissociée « bicommunautarisme ».
De 1861 à 1865, les États-Unis ont connu une dure guerre civile puis, au cours des années 1950 et 1960, le pays a été le théâtre d'importants conflits liés à la ségrégation raciale dans le sud du pays, vestiges du bicommunautarisme américain. Ce n'est que dans les années 1960 que le bicommunautarisme de facto s'est éteint aux États-Unis.
Le sectionalisme et la diversité régionale ont aussi connu un important déclin aux États-Unis. Selon la U.S. History Encyclopedia, le sectionalisme se définit comme suit : « identification avec un sous-ensemble géographique des États-Unis, ainsi qu'avec les intérêts culturels, sociaux, économiques et politiques de ce sous-ensemble ».
Les participants à la table ronde du Dialogue mondial ont discuté de la considérable centralisation du fédéralisme américain qui a résulté de cette conjoncture. La centralisation était mue en partie par le désir de protéger le multiculturalisme naissant du pays, lequel avait pris forme au sein du secteur privé (ou de la société civile) en raison des divers mouvements de libération des années 1960.
Les participants ont affirmé que l'aspect le plus controversé de leurs discussions concernait la conceptualisation du fédéralisme américain comme ayant déjà été bicommunautaire, considérant que la plupart des résidants des États du Nord et du Sud parlent la même langue, pratiquent la même religion et tirent leurs origines de la Grande-Bretagne ou de l'Europe du Nord.
Les débats ont porté sur plusieurs sujets dont :
- le statut des gouvernements tribaux aux États-Unis,
- le fait que les Autochtones des États-Unis (Indiens) constituent le seul groupe à se considérer comme une « nation »,
- le fait que seul le Parti communiste des États-Unis ait jamais avancé l'idée – une seule fois dans les années 1930 – que les Afro-américains représentaient une nationalité distincte,
- la mesure avec laquelle les politiques publiques des États varient selon la composition raciale et ethnique de leurs populations.
Les 14 participants qui ont pris part à la table ronde tenue le 15 mars 2008 formaient un groupe hétérogène : Afro-Américains, Autochtones, Latino-Américains, Blancs; hommes et femmes; chercheurs et praticiens du fédéralisme; jeunes et moins jeunes professionnels; membres de diverses religions de différents coins du pays; et une étudiante de premier cycle.
Les participants :
Earl M. Baker, Ph. D., Earl Baker Consulting; Richard L. Cole, prof., University of Texas at Arlington; l'honorable Robert Freeman, Chambre des représentants de la Pennsylvanie; Rodney E. Hero, prof., University of Notre Dame; Kimberley Johnson, prof., Barnard College, Columbia University; John Kincaid, prof., Meyner Center, Lafayette College; J. Wesley Leckrone, prof., Widener University; Joseph R. Marbach, prof., Seton Hall University; John McCartney, prof., Lafayette College; G. Alan Tarr, prof., Rutgers University-Camden; Sara Walter, chercheuse Excel, Lafayette College; David E. Wilkins, prof., University of Minnesota-Twin Cities, et David Woglom, Meyner Center, Lafayette College.
L'activité était coordonnée par John Kincaid, professeur, gouvernement et fonction publique, et directeur du Meyner Center for the Study of State and Local Government, Lafayette College.
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