Les participants à la table ronde en conviennent : en Afrique du Sud, les relations intergouvernementales sont dictées par la politique partisane

Nico Steytler, prof., du Community Law Centre d'Afrique du Sud (à gauche) et Luzko Mdunyelwa de la ville du Cap échangent des idées dans le cadre de la table ronde sur les relations intergouvernementales du programme Un Dialogue mondial du Forum présentée en mars 2009.
À la veille de la quatrième élection présidentielle démocratique d'Afrique du Sud, le 6 mai 2009, 26 Sud-Africains des trois sphères de gouvernement, d'institutions du secteur public et de la société civile se sont réunis au Cap afin de discuter de l'état des relations intergouvernementales au pays.
Ben Turok, prof., auteur et membre du Congrès national africain (ANC), a prononcé le discours principal de la table ronde. Il a retracé l'évolution de la politique économique de l'ANC au fil des ans et exposé les grandes lignes de la proposition du parti qui recommande l'institution d'un État promoteur donnant priorité à la croissance économique et sociale. Les niveaux de pauvreté, de chômage et d'inégalité en Afrique du Sud se trouvent parmi les plus élevés au monde.
Les participants ont signalé que les relations intergouvernementales sud-africaines ont subi de saisissants changements au cours des dernières années.
Les relations entre les différents ordres de gouvernement du pays se révèlent complexes. On y trouve quatre ordres de gouvernement – national, provincial, de district et local – et les provinces comme les collectivités locales comptent largement sur les fonds fédéraux. Les participants ont débattu de la désirabilité d'une plus importante décentralisation au profit des collectivités locales compte tenu de la répartition inégale des ressources à l'échelle provinciale et locale et du fait qu'un gouvernement central fort est nécessaire pour assurer l'équité et la croissance. Ils se sont en outre montrés fort intéressés par l'impact des réformes proposées par l'ANC, notamment des réformes du Cabinet, la création d'un État-promoteur et l'institution d'une commission de planification sur les relations intergouvernementales.
Bien que l'on constate beaucoup d'avancées au chapitre de la prestation de services sociaux, la mise en place d'allocations de sécurité sociale par exemple, le gouvernement central a souvent été contraint d'intervenir dans les services sociaux des provinces et des municipalités. Le sujet de discussion ayant suscité le plus d'intérêt concernait les possibilités offertes par les relations intergouvernementales pour ce qui est de traiter efficacement de questions liées à la pauvreté, au chômage et aux inégalités.
Les principaux partis politiques d'Afrique du Sud étant présents dans toutes les sphères de gouvernement, les relations intergouvernementales se trouvent fortement influencées par la politique. En raison de la prédominance de l'ANC, le parti au pouvoir, tant au sein du Parlement que des provinces et de la plupart des municipalités, les conflits sont habituellement réglés par le truchement des partis plutôt qu'au moyen de concertations intergouvernementales. Une lutte pour la direction du Congrès national africain a ainsi mené à la révocation du président du pays, à la formation d'un parti dissident ainsi qu'à d'autres obstacles à la coopération entre gouvernements.
Les participants ont convenu que le système de relations intergouvernementales doit être raffiné plus avant, mais les opinions se sont révélées des plus divergentes quant à la nature et à l'envergure des réformes nécessaires.
L'activité tenue le 3 mars 2009, l'une d'une série de tables rondes du Dialogue mondial sur le fédéralisme du Forum, a été organisée en collaboration avec Derek Powell, consultant indépendant en matière de gouvernance auprès du Community Law Centre.
Les personnes suivantes y ont pris part : Philip Van Ryneveld, directeur, Hunter Van Ryneveld; David Savage, expert-conseil; Wendy Ovens, expert-conseil; Phindile Ntliziywana, Community Law Centre; Yonatan Fessha, chercheur attaché au Community Law Centre; Annette May, chercheuse, Community Law Centre; Joachim Fritz, gestionnaire de programme, Organisation allemande pour la coopération technique (GTZ); Bernadette Leon, spécialiste, Trésor public: Shiva Makotoko, ABSA Corporate and Business Bank; Ashraf Adam, expert-conseil; Douglas Singiza, chercheur; Naison Machingauta, Community Law Centre; Johann Mettler, cadre supérieur, Association des collectivités locales d'Afrique du Sud; Sinazo Sibisi, cadre supérieur, Development Bank of Southern Africa; Geraldine Mettler, directrice en chef, province du Gauteng; Peter Vaz, directeur, RTI International; Karen Harrison, Indego; Luzuko Mdunyelwa, directeur, ville du Cap; Sibonile Khoza, directeur, Bureau du premier ministre, province du Cap-Occidental; Mirjam Van Donk, directeur, Isandla Institute; Jaap DeVisser, professeur associé, Community Law Centre; Krish Kumar, directeur financier, Ethekwini Metro; Nico Steytler, professeur, Community Law Centre; et Hildegaard Fast, directeur général adjoint, Collectivités locales et logement, province du Cap-Occidental.
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