Le système décentralisé de soins de santé de l’Espagne : 25 ans plus tard

Des participants à une conférence tenue à Saragosse débattent des mérites des réformes des soins de santé adoptées en Espagne il y a près de 25 ans.
Le Forum et trois partenaires locaux en Espagne ont récemment présenté une journée de séminaire intitulée « La décentralisation des soins de santé dans les fédérations : tendances récentes et leçons tirées par l’Espagne ».
L’activité était coorganisée par la Fundación Manuel Giménez Abad de Estudios Parlementarios y del Estado Autonómico, en collaboration avec l’Assemblée législative de la communauté autonome d’Aragón, le Cortes de Aragón.
Au cours des 20 dernières années, l’Espagne a délégué les compétences relatives à la gestion de plusieurs programmes nationaux à ses 17 régions, appelées « communautés autonomes ».
Une série de réformes octroyant à chacune de ces communautés autonomes l’autorité de gérer leurs propres systèmes de soins de santé ont aussi été adoptées en 2002. Le financement de ces systèmes de même que les normes communes devant être respectées en matière de soins demeurent toutefois de la compétence du gouvernement central.
La Loi nationale sur le système de santé promulguée par l’Espagne en 1986 a établi l’uniformité des soins de santé à l’échelle nationale. D’autres lois ont été adoptées en 2003 et en 2006 afin d’accroître la cohérence et l’uniformité du système de soins de santé espagnol.
Quelque 25 ans après le début du processus de décentralisation, les participants au séminaire ont discuté des avantages du système décentralisé, analysé ses résultats et débattu de changements additionnels à y apporter.
Ils ont indiqué que la décentralisation a eu plusieurs répercussions positives, notamment une hausse de l’efficacité du système et une diminution des disparités entre les communautés autonomes en matière de soins de santé. Elle a en outre donné lieu à un système financièrement viable, un système qui tient bon en dépit de la crise économique qui a durement frappé l’Espagne.
Malgré cela, le système est toujours confronté à des problèmes. En 2002 par exemple, le gouvernement central a transféré la compétence en matière de compilation des statistiques aux communautés autonomes. Toutefois, l’Espagne se trouvant ainsi dépourvue d’une source de données centrale, il devient impossible de comparer avec exactitude l’efficacité des régions. Cette situation a donné lieu à des pratiques non efficientes au sein du système.
Dans l’ensemble, les délégués estiment que Madrid doit assumer un rôle de coordination afin d’assurer des soins équivalents partout au pays et de minimiser le gaspillage et les chevauchements. Certains ont aussi recommandé une révision du cadre juridique et financier du système et l’accroissement de la participation citoyenne.
John Kincaid, prof., du Collège Lafayette, en Pennsylvanie, et François Vaillancourt, prof., de l’Université de Montréal, ont exposé les expériences du Canada et des États-Unis et se sont entretenus des différences et des similitudes qui existent entre celles-ci et le système espagnol. L’escalade des coûts liés au système national de soins de santé est une grande préoccupation dans les trois pays.
La journée de séminaire s’est déroulée à Saragosse, en Espagne, le 18 juin 2010.
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