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L'éthiopie

Les participants à la cérémonie de signature qui s'est déroulée à Addis Abbaba, à partir de la droite : M. Mohamed Hiddig, prof., vice-président de la Chambre de la fédération; M. Tewdros Mamo, chef du protocole (debout); M. Degefe Bula, président de la Chambre de la fédération; M. Arnold Koller, prof., président du conseil d'administration du Forum; et M. Shawn Houlihan, directeur des programmes en Afrique du Forum.


Les participants à  la cérémonie de signature qui s'est déroulée à  Addis Abbaba, à  partir de la droite : M. Mohamed Hiddig, prof., vice-président de la Chambre de la fédération; M. Tewdros Mamo, chef du protocole (debout); M. Degefe Bula, président de la Chambre de la fédération; M. Arnold Koller, prof., président du conseil d'administration du Forum; et M. Shawn Houlihan, directeur des programmes en Afrique du Forum.

 


 

La République fédérale démocratique d'éthiopie ( 1112 km carrés) se trouve en bordure de la corne de l'Afrique. Le Soudan la borde à  l'ouest, le Kenya au sud et l'érythrée au nord. Sa population se chiffre à  quelque 63 millions, dont environ 90 % tirent leur subsistance de la culture de la terre. L'agriculture est l'épine dorsale de l'économie nationale. Le PNB d'à  peine 100 USD par habitant en a fait le pays le plus pauvre du globe en l'an 2000, selon la Banque Mondiale.

L'espérance de vie y est de 42 ans pour les hommes, et de 44 ans pour les femmes. Longue de 3000 ans, l'histoire de l'éthiopie lui a mérité le titre de plus ancien « état » d'Afrique, voire d'un des plus anciens du monde. Depuis l'état Da'amat ( autour de 500 à  100 avant J.-C. ), en passant par la civilisation avancée de l'Empire axoumite, et jusqu'à  l'à^re des Princes, l'éthiopie a existé au sein de différents empires patrimoniaux. L'éthiopie moderne a été créée par les chefs chrétiens des hautes terres, surtout grà¢ce à  un processus de subjugation politique et d'exploitation économique à  la fin du 19e siècle et au début du 20e. Haile Selassie, le prince héritier impérial et régent, s'est imposé aux seigneurs féodaux régionaux de 1916 à  1930, date à 
laquelle il est devenu Empereur. En 1941, après la libération de son pays par les forces alliées, il est rentré de Grande-Bretagne pour y régner jusqu'à  son renversement en 1974.

Créature du colonialisme italien à  la fin du 19e siècle, l'érythrée, après dix ans sous mandat britannique, a été fédérée avec l'éthiopie en 1953. L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté, par résolution, la loi fédérale qui l'assujettissait à  la souveraineté de la couronne éthiopienne. La Résolution 390 (v) (a) de l'ONU, du 2 décembre 1950, comptait 15 articles. Les sept premiers réglementaient les relations entre l'érythrée et l'éthiopie. Le premier prévoyait que l'érythrée constituerait une unité autonome fédérée avec l'éthiopie.

Des contradictions croissantes entre le féodalisme, le système capitaliste émergeant et la remise en question de la valeur de la monarchie ont alimenté l'agitation. En 1961, la garde royale du corps a tenté un coup d'état qui a révélé le mécontentement populaire face à  l'allure de la modernisation et du développement. Prenant acte de ceci, en 1962, le gouvernement a adopté des
mesures pour intensifier la centralisation.

En 1974, le Conseil militaire provisoire ( Derg, en Amharic ) a renversé le régime de Haile Selassie et proclamé l'éthiopie état socialiste. Au cours des premières années du nouveau régime, époque dite de la « terreur rouge », les luttes de pouvoir et la création d'un état socialiste ont donné lieu, selon des estimés modérés, à  la mise à  mort de 100 000 personnes et à  la fuite de plusieurs centaines de milliers d'autres.

Un parti des travailleurs d'éthiopie a été créé en 1984 sur le modèle soviétique et, en 1987, la République populaire d'éthiopie a été promulguée et dotée d'une nouvelle Constitution. Ce document a conféré le pouvoir étatique ultime au soi-disant Chéngo national et à  son organe permanent, le Conseil d'état. Toutefois, comme dans les autres pays socialistes / communistes, le
parti politique régnant assurait la pérennité de sa maîtrise du pouvoir par des voies informelles et « parallèles » de communication et de prise de décision, cela par le truchement du comité central et du Poliburo du parti des travailleurs. Dans les faits, celui-ci contrôlait le pouvoir ultime de
décision au pays.

À la fin de la Guerre froide, l'appui des Soviets a vacillé et l'intégrité de l'état central a été contesté. Deux défaites militaires en érythrée et au Tigré ont affaibli fatalement le régime du colonel Mengistu, de surcroît peu à  peu abandonné par ses alliés soviétiques.

En 1991 une nouvelle coalition, celle du Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens ( FDRPE ), a lancé un assaut militaire décisif à  travers les provinces du centre et de l'ouest tandis qu'à  l'est les forces érythréennes ont cerné les villes d'Assab et d'Asmara. Le colonel Mengistu s'est enfui au Zimbabwe. En juillet 1991, les forces du FDRPE ont saisi le contrôle d'Addis-Abeba. Une conférence a été organisée pour avaliser une charte de transition de faà§on à  servir de fondement juridique à  quatre années de gouvernement intérimaire sous une législature dominée par le FPDRE, l'exécutif étant dirigé par Meles Zenawi, le chef du Front de libération des peuples du Tigré ( FLPT ). Le gouvernement de transition a mis en Å"uvre de vastes réformes économiques et pratiqué une forme radicale de dévolution fédérale envers neuf nouveaux états régionaux dans lesquels l'ethnie jouait un rôle prédominant. Le 8 décembre 1994, une assemblée constituante de 538 membres a approuvé un projet de Constitution rédigé par une commission à  qui on en avait confié le mandat. Dans le processus de rédaction, le public a été consulté, surtout à  l'occasion de réunions au niveau local. Les électeurs ont accepté la Constitution dans un référendum et, en aoà»t 1995, la République fédérale démocratique d'éthiopie a été proclamée.

Après la chute du Conseil militaire provisoire, les diverses forces de libération se sont transformées en partis politiques. étant donné le court laps de temps, leurs membres n'ont toutefois pas réussi à  se muter de combattants en joueurs démocratiques : aussi ont-ils continué de chercher à  triompher les uns des autres plutôt que de collaborer démocratiquement. En mai et juin 1995, l'éthiopie a tenu des élections parlementaires nationales et des élections législatives régionales qu'ont boycotté la plupart des partis d'opposition â' notamment le Front de libération Oromo qui, se voyant traîner loin derrière le Front de libération des peuples du Tigré ( FLPT ), a pris le maquis et ainsi assuré un raz-de-marée au profit de ce dernier. Des observateurs internationaux et d'organismes non gouvernementaux ont cependant conclu que les partis d'opposition auraient pu participer s'ils l'avaient voulu.

En mai 1991, le Front de libération des peuples de l'érythrée ( FLPE ) dirigé par Isaias Afwerki a pris le contrôle de l'érythrée. Il y a installé un gouvernement provisoire qui a administré l'érythrée de faà§on indépendante jusqu'au moment oà¹, dans un référendum libre et juste du 23 au 25 avril 1993 sous la surveillance de l'ONU, les érythréens ont voté pour l'indépendance avec une majorité écrasante. Le 27 avril 1993, l'érythrée a été proclamée pays indépendant.

En mai 1998, les tensions croissantes entre l'érythrée et l'éthiopie ont abouti à  une offensive militaire érythréenne. L'éthiopie a transformé la guerre de tranchées en opération militaire intense, dont la conclusion a été l'entente de cessation des hostilités du 18 juin 2000. Enfin, le 12 décembre 2000, à  Alger, l'éthiopie et l'érythrée ont signé un accord de paix. À l'heure actuelle,
4200 troupes de l'ONU sont déployées le long de la frontière entre l'érythrée et l'éthiopie. Le différend à  l'origine des hostilités â' une querelle de frontières â' sera maintenant réglé sous les auspices de l'Organisation de l'unité africaine ( OUA ) et de l'ONU.

 

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