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Le Mexique |
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Depuis l'accession du Mexique à l'indépendance, en 1810, les tensions entre le centre et les états ont dominé la scène politique. En fait, la guerre de l'indépendance a été déclenchée par les états, qui ont réagi aux abus d'un puissant gouvernement central. Depuis 1810, l'équilibre précaire entre le centre et la périphérie a donné lieu à la rédaction de plusieurs Constitutions différentes. La première Constitution, la Constitución de Cádiz de 1812, était inspirée du régime espagnol et prévoyait la création de deux institutions à l'échelon régional : les gouvernements étatiques, dont les membres étaient nommés par le gouvernement central, et les administrations municipales, dont les membres étaient élus. Cette disposition constitutionnelle a permis au premier En 1824, une insurrection fomentée par le général Santa Anna obligea Iturbide à démissionner. Il fut plus tard assassiné. À la suite du renversement de la monarchie, les états ont réagi en créant leur propre gouvernement. Lors de l'Assemblée constituante (1823-24), les représentants des gouvernements étatiques ont réussi à exercer une très grande influence sur la rédaction de la A l'époque, on craignait surtout la désintégration nationale. L'Assemblée constituante a vu dans le fédéralisme un moyen institutionnel de sauvegarder l'union des différentes régions et d'empêcher la sécession de certains états. C'est pourquoi les rédacteurs ont tenté de créer un pouvoir exécutif fort tout en prévoyant une certaine forme d'autonomie pour les états, et une séparation des pouvoirs entre les branches exécutive, législative et judiciaire du gouvernement. Les tensions entre les états et le centre ont fait que la Constitution de 1824 est demeurée sans effet. Le désir d'indépendance des états ne pouvait Ltre endigué de sorte que, dès 1836, le Texas s'est proclamé état indépendant. Fait plus important, les tensions entre Libéraux (fédéralistes) et Conservateurs (centralistes) eurent pour conséquence de diviser le pays. L'instabilité politique a atteint un point tel qu'aucun gouvernement n'était en mesure de gouverner efficacement le pays. En 1835, une Nouvelle Assemblée constituante a modifié la Constitution et supprimé le fédéralisme. La dictature qui a suivi a été marquée par une centralisation accrue des pouvoirs. En 1857, le dictateur Antonio López Santa Anna a été destitué au cours d'une insurrection. On a procédé à la rédaction d'une nouvelle Constitution. En réaction aux pouvoirs importants que la Constitution de 1824 avait octroyés à l'exécutif, les auteurs de la Constitution de 1857 voulurent limiter le pouvoir exécutif en renforçant l'autorité du Congrès. Pour ce faire, ils abolirent le Sénat, estimant qu'une chambre législative unique serait plus à même de faire contrepoids au pouvoir exécutif. Tout en reconnaissant le fédéralisme comme principe de gouvernement, la Constitution conférait à l'état central d'importants pouvoirs économiques et politiques face aux états. De plus, l'abolition du Sénat privait les états de toute représentation au sein du gouvernement central. Cette Constitution s'avéra également impossible à mettre en pratique, notamment en raison de l'instabilité politique qui régnait au pays et de l'absence de dispositifs institutionnels permettant au pouvoir exécutif de gouverner efficacement. Comme l'a souligné Marvan, la Constitution La Constitution de 1857 fut rédigée par les Libéraux et suscita aussitôt l'opposition des Conservateurs. Cette opposition culmina dans une guerre civile, que les Libéraux finirent par remporter en 1867. Afin de renforcer le pouvoir exécutif, le président Benito Juárez tenta de réformer la Constitution et, malgré son décès en 1872, une modification constitutionnelle rétablissant le Sénat fut adoptée en 1875. Juárez voulait donner plus d'importance au Sénat, qu'il considérait comme un moyen de renforcer le rôle du gouvernement central. À son avis, ce renforcement était nécessaire à la reconstruction du pays. Mais on a eu beau rétablir le Sénat, celui-ci disposait de peu de pouvoirs. En effet, le Congrès conserva bon nombre de ses prérogatives, par exemple la ratification de toutes les nominations au Cabinet et à la Cour suprême, la suppression du droit de véto présidentiel, et le droit d'intenter un procès politique au président avec l'appui d'une majorité simple. En outre, le Sénat n'était pas autorisé à participer au débat sur le budget, ce qui signifiait que les états n'étaient pas associés aux décisions budgétaires. Ces restrictions, encore en vigueur aujourd'hui, ont affaibli le fédéralisme Porfiro Dàaz s'empara du pouvoir en 1876. Ce fut le début d'une longue période de dictature oppressive. Juarez avait certes eu recours à des moyens extraordinaires pour gouverner et n'avait pas hésité à suspendre les droits de la personne. Mais le régime de Porfiro Diaz s'engagea encore plus profondément dans cette voie et multiplia les abus. Diaz finit par contrôler la presse, l'église, le Congrès, les gouverneurs et les élites locales. Il parvint également à faire modifier la Constitution de manière à assurer sa réélection pendant une période indéterminée. Mais plusieurs facteurs le rendaient vulnérable. La misère engendrée par une grave crise économique, le mécontentement populaire suscité par un régime répressif s'appuyant sur une répartition très inégale de la richesse, et l'apparition d'une nouvelle génération de chefs politiques s'opposant aux privilèges d'une élite qui n'avait aucun intérêt à modifier l'ordre des Après la guerre civile, on confia à une Assemblée constitutionnelle le soin de rédiger une nouvelle Constitution, qui fut adoptée en 1917. Les pères de cette Constitution s'inspirèrent de celle de 1857 et des amendements de 1875, mais ils octroyèrent à l'exécutif des pouvoirs plus importants et y enchà¢ssèrent des « droits sociaux » (éducation, travail, santé) pour donner aux idéaux de la révolution un caractère institutionnel. Cette Constitution, en vigueur encore L'autre pilier important du régime a été le Partido Revolucionario Institucional (PRI), un parti officiel qui, à compter de sa création, en 1929, jusqu'à 2000, a exercé un contrôle presque hégémonique sur les institutions politiques. Depuis la victoire du candidat de l'opposition lors de la dernière élection présidentielle qui a eu lieu en 2000, de nombreux hommes politiques,
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