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La Suisse

L'ambassadeur suisse Robert Mayor (à droite) signe l'entente cadre avec le Forum des fédérations, tandis que l'ancien président de la Suisse, Arnold Koller (à gauche), signe au nom du Forum.

SIGNATURE DE LA SUISSE : Bruxelles, le 4 mars 2005 – L'ambassadeur suisse Robert Mayor (à  droite) signe l'entente cadre avec le Forum des fédérations, tandis que l'ancien président de la Suisse, Arnold Koller (à  gauche), signe au nom du Forum.


 

La Suisse étant le plus important partenaire du Forum après le Canada, le Forum doit beaucoup au travail de représentants de la Suisse, et plus encore à  l'ancien président du pays, M. Arnold Koller, Ph.D. À l'heure actuelle, M. Koller préside de main de maître le conseil d'administration du Forum. Dans le cadre de la généreuse contribution du gouvernement de la Suisse, M. Raoul Blindenbacher, Ph. D., vice-président responsable de nos programmes mondiaux, a en outre été détaché au Forum.


 

La Suisse est un pays du centre de l'Europe, qui compte environ sept millions d'habitants. Ses voisins sont l'Allemagne, l'Autriche, le Liechtenstein, l'Italie et la France. Grâce à  son statut de fédération depuis 1848, et à  ses institutions fédérales, la Suisse a su accueillir une grande diversité politique.

Historiquement, ses 26 cantons et ses quelque 3000 communes ont développé
leurs propres traditions et cultures si bien que le pays a toujours été très diversifié sur les plans culturel, cantonal et communal. Il n'a tenté ni d'homogénéiser sa population, ni de se diviser en fonction de ses attributs linguistiques, religieux ou culturels.

L'histoire de la Suisse débute officiellement en 1291. À l'époque, trois cantons (que l'on désignait alors du nom de Orte) conclurent un traité et formèrent une union en vue de jumeler leurs forces défensives, et ils se dotèrent d'un système d'arbitrage destiné à  gérer les conflits qui surgissaient entre eux. ê'union visait à  prévenir toute domination de l'extérieur et à  garantir l'équilibre des pouvoirs au sein du pays. D'autres cantons se joignirent au noyau par voie de traité, si bien qu'une fédération fondée sur un système de traités vit le jour. êa confédération devait promouvoir la collaboration afin de défendre l'indépendance de la Suisse tout en sauvegardant la souveraineté des cantons.

À la fin du XVIIIe siècle, la modernisation des pays avoisinants, l'industrialisation et la professionnalisation de l'armée furent, avec les idées de la Révolution franà§aise, les éléments déclencheurs d'une volonté de centralisation et de modernisation. En 1798, les Forces armées franà§aises, dirigées par Napoléon, envahirent le pays et créèrent un état centralisé, à  l'instar du système franà§ais. Les cantons furent transformés en unités égales mais purement administratives.

La Suisse centralisée, toutefois, eut tôt fait de se révéler ingouvernable; aussi Napoléon réinstitua-t-il le système cantonal. Après la défaite napoléonienne, la Suisse opta à  nouveau pour un mode non rigide de confédération. Lors du Congrès de Vienne (1815), les frontières et la neutralité de la Suisse furent reconnues. Alors que de nombreux cantons protestants adoptèrent des gouvernements progressistes et démocratiques, dans d'autres cantons à  prédominance catholique, les anciennes familles influentes réintroduisirent des structures de pouvoir conservatrices. Les cantons progressistes firent pression pour démocratiser et centraliser l'union. Pour limiter la pression
exercée par les cantons progressistes (à  prédominance protestante), les cantons conservateurs (surtout catholiques) formèrent une union secrète (Sonderbund), violant dès lors le traité de la confédération. Lorsque cette union secrète fut découverte, les cantons catholiques refusèrent de
la dissoudre et les cantons protestants durent faire usage de la force pour la démanteler. L'année 1847 est inscrite dans l'histoire de la Suisse comme une année de guerre civile. Après cette guerre civile, les cantons catholiques vaincus élurent de nouveaux gouvernements démocratiques.

En 1848, la population et les cantons de la Suisse adoptèrent une Constitution fédérale. Cette Constitution représentait un compromis entre l'objectif des vainqueurs de la guerre civile et celui des vaincus. Elle était centralisatrice jusqu'à  un certain point, mais elle garantissait aussi, grâce aux paramètres institutionnels et à  la limite imposée aux compétences du gouvernement central, le respect de la diversité cantonale.

Avec sa Constitution de 1848, la Suisse franchit un pas important vers la modernité. Elle devint un pays fédéral, fondé sur la règle du partage et de l'autodétermination constitutionnellement garantis. êa modernisation ne visait pas à  homogénéiser la population, mais plutôt à  créer une nation suisse tout en préservant la diversité d'antan. Grâce à  la combinaison des règles du partage et de l'autodétermination, le pays put donner libre recours à  la diversité dans l'unité.

Même si, au fil des ans, les institutions et l'organisation politique continuèrent à  se développer, et malgré deux refontes constitutionnelles (1874, 1999), le système est grosso modo demeuré le même. La Constitution fédérale régit la cohabitation pacifique de différents groupes culturels, linguistiques et religieux.

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